Le pluralisme syndical en vigueur dans notre industrie de la construction est unique en Amérique du Nord. Il constitue la base des relations de travail et le principal cheval de bataille du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction - International. Car tous les acteurs de l'industrie le savent : pour qu'un chantier fonctionne, la collaboration et le partage équilibré du travail sont essentiels, quelque soit l'allégeance syndicale. Cela a toujours été notre philosophie. Les 40 000 travailleurs que nous représentons, regroupés en 28 sections locales affiliées, ont la réputation de contribuer au respect des échéances et des budgets. Ils ont l'écoute des entrepreneurs et livrent des ouvrages de grande qualité.
Le retour du Conseil provincial
Il faut se rappeler que les syndicats internationaux affiliés au Conseil provincial - International sont, par tradition, des syndicats dits d'affaires et non d'idéologie. Ils comptent parmi les plus anciens syndicats au pays et sont très largement majoritaire dans la plupart des métiers spécialisés. Le Conseil provincial - International est à l'origine de gains historiques pour les travailleurs québécois de la construction, tant sur le plan de la santé-sécurité, des conditions de travail - semaine de 40 heures, vacances, avantages sociaux - que de la formation professionnelle : 80% des programmes de formation actuels sont issus de l'International. Et ça, la FTQ-Construction a eu tendance à l'oublier. Malgré qu'il représente près du tiers des travailleurs de la construction, le Conseil provincial - International a disparu des radars à la fin des années 90, le temps d'un trop long mariage de raison avec la FTQ-Construction au sein du Conseil conjoint.
L'attitude dominatrice et antidémocratique de la FTQ-Construction (Le cas de la Gaspésia en est un bel exemple) a provoqué le divorce. La Loi 135 rétablissant le Conseil provincial - International comme association représentative, nous sommes donc redevenus la seconde organisation syndicale de l'industrie et il est maintenant clair que la modernisation des relations de travail dans la construction se fera sans la FTQ-Construction.
Les enjeux
La période de maraudage qui débute en mai sera suivie des négociations pour le renouvellement des conventions collectives. L'alliance qui représentera plus de 50% des travailleurs s'assoira à la table.
Le Conseil provincial - International entend jouer pleinement son rôle et proposer des actions concrètes pour améliorer la crédibilité et la rentabilité de l'industrie de la construction. Nous continuerons de faire une place aux jeunes en favorisant un accès à l'industrie grâce à la formation professionnelle. Pour la relève, comme pour tous les travailleurs, le Conseil provincial -International représente une occasion unique d'accéder aux chantiers syndiqués de l'Ouest canadien et à des salaires élevés.
La mobilité restreinte des travailleurs de la construction est aussi une préoccupation majeure du Conseil provincial - International. Il est en effet aberrant, en particulier pour les travailleurs membres de l'International (qui peuvent travailler partout en Amérique du Nord et dans les Antilles), que les déplacements à l'intérieur du Québec soient limités. Nous voulons instaurer plus defficacité tout en priorisant la main-d'oeuvre régionale.
Enfin, dans une des industries les plus réglementées en Amérique du Nord, nous proposerons de simplifier les textes des conventions collectives - d'une complexité souvent inutile - pour que tous les travailleurs comprennent et s'approprient leurs nouveaux contrats de travail (il y a quatre conventions collectives différentes).
Mais au-delà des prochaines négociations, le Conseil provincial - International veut créer une nouvelle façon de faire dans cette industrie où les intérêts des travailleurs, des employeurs et des investisseurs, convergeront pour construire des ouvrages et des bâtiments de très haute qualité, à des coûts concurrentiels.
Voilà quelques unes des idées que le Conseil provincial - International développera au cours des prochains mois. À cet objectif de moderniser les relations de travail dans l'industrie de la construction, une majorité d'associations syndicales devraient se rallier avant le début des négociations.
(1) Rapport du juge Robert Lesage sur les Papiers Gaspésia
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