- Notre vision
- Le mot du président
- Le mot du directeur général


Donald Fortin
Directeur général 

Moderniser les relations de travail dans l'industrie de la construction

À la veille de la campagne de maraudage et des négociations des conventions collectives de 146 000 travailleurs de la construction, il est grand temps que les mentalités changent dans cette industrie, moteur de l'économie québécoise. L'intimidation a fait son temps.

Trente ans après la Commission Cliche sur la liberté syndicale dans l'industrie de la construction, le rapport Lesage (1) sur le fiasco de la Gaspésia nous ramenait il y a quelques mois à la dure réalité : il y a un gros ménage à faire. « Icitte, c'est un chantier FTQ. » Cette déclaration éloquente d'un représentant du Conseil conjoint (FTQ) sur le chantier de la Gaspésia à Chandler , nous rappelle que la liberté syndicale n'est pas acquise dans l'industrie de la construction. Devant la violence, l'intimidation et les guerres de juridiction de métiers évoquées par le rapport d'enquête, le gouvernement a eu le courage d'adopter la Loi 135, qui vise à éliminer des pratiques inacceptables trop souvent utilisées par un certain syndicat sur les chantiers du Québec.

Mais ce n'est pas suffisant. C'est un véritable changement de culture qui s'impose dans cette industrie qui représente 22 000 employeurs, 146 000 travailleurs et travailleuses et 31 milliards $ d'investissements l'an dernier, soit 11% du PIB du Québec.

 

Le pluralisme syndical en vigueur dans notre industrie de la construction est unique en Amérique du Nord. Il constitue la base des relations de travail et le principal cheval de bataille du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction - International. Car tous les acteurs de l'industrie le savent : pour qu'un chantier fonctionne, la collaboration et le partage équilibré du travail sont essentiels, quelque soit l'allégeance syndicale. Cela a toujours été notre philosophie. Les 40 000 travailleurs que nous représentons, regroupés en 28 sections locales affiliées, ont la réputation de contribuer au respect des échéances et des budgets. Ils ont l'écoute des entrepreneurs et livrent des ouvrages de grande qualité. 

Le retour du Conseil provincial

Il faut se rappeler que les syndicats internationaux affiliés au Conseil provincial - International sont, par tradition, des syndicats dits d'affaires et non d'idéologie. Ils comptent parmi les plus anciens syndicats au pays et sont très largement majoritaire dans la plupart des métiers spécialisés. Le Conseil provincial - International est à l'origine de gains historiques pour les travailleurs québécois de la construction, tant sur le plan de la santé-sécurité, des conditions de travail - semaine de 40 heures, vacances, avantages sociaux - que de la formation professionnelle : 80% des programmes de formation actuels sont issus de l'International. Et ça, la FTQ-Construction a eu tendance à l'oublier.  Malgré qu'il représente près du tiers des travailleurs de la construction, le Conseil provincial - International a disparu des radars à la fin des années 90, le temps d'un trop long mariage de raison avec la FTQ-Construction au sein du Conseil conjoint.

L'attitude dominatrice et antidémocratique de la FTQ-Construction (Le cas de la Gaspésia en est un bel exemple) a provoqué le divorce. La Loi 135 rétablissant le Conseil provincial - International comme association représentative, nous sommes donc redevenus la seconde organisation syndicale de l'industrie et il est maintenant clair que la modernisation des relations de travail dans la construction se fera sans la FTQ-Construction. 

Les enjeux

La période de maraudage qui débute en mai sera suivie des négociations pour le renouvellement des conventions collectives. L'alliance qui représentera plus de 50% des travailleurs s'assoira à la table.

Le Conseil provincial -  International entend jouer pleinement son rôle et proposer des actions concrètes pour améliorer la crédibilité et la rentabilité de l'industrie de la construction. Nous continuerons de faire une place aux jeunes en favorisant un accès à l'industrie grâce à la formation professionnelle. Pour la relève, comme pour tous les travailleurs, le Conseil provincial -International représente une occasion unique d'accéder aux chantiers syndiqués de l'Ouest canadien et à des salaires élevés.  

La mobilité restreinte des travailleurs de la construction est aussi une préoccupation majeure du Conseil provincial - International. Il est en effet aberrant, en particulier pour les travailleurs membres de l'International (qui peuvent travailler partout en Amérique du Nord et dans les Antilles), que les déplacements à l'intérieur du Québec soient limités. Nous voulons instaurer plus defficacité tout en priorisant la main-d'oeuvre régionale.  

Enfin, dans une des industries les plus réglementées en Amérique du Nord, nous proposerons de simplifier les textes des conventions collectives - d'une complexité souvent inutile - pour que tous les travailleurs comprennent et s'approprient leurs nouveaux contrats de travail (il y a quatre conventions collectives différentes).

Mais au-delà des prochaines négociations, le Conseil provincial - International veut créer une nouvelle façon de faire dans cette industrie où les intérêts des travailleurs, des employeurs et des investisseurs, convergeront pour construire des ouvrages et des bâtiments de très haute qualité, à des coûts concurrentiels. 

Voilà quelques unes des idées que le Conseil provincial - International développera au cours des prochains mois. À cet objectif de moderniser les relations de travail dans l'industrie de la construction, une majorité d'associations syndicales devraient se rallier avant le début des négociations.  

(1) Rapport du juge Robert Lesage sur les Papiers Gaspésia 

 

 
Mise en garde

Les renseignements fournis sur ce site ont été recueillis avec soin. Notez cependant qu'ils n'ont aucune valeur juridique. Pour éviter tout préjudice, nous vous demandons de toujours consulter votre section locale, s'il y a lieu, ou l'organisme qui doit statuer sur votre dossier. Nous vous invitons également à vous référer aux textes législatifs ou réglementaires pour en savoir davantage.



Le Conseil provincial (International) représente 40 000 travailleuses et travailleurs dans l'industrie de la construction au Québec. Il fait partie du vaste mouvement des unions internationales. Au Canada, le Bureau canadien du Département des métiers de la construction en est le porte-parole. Il représente quelque 400 000 travailleurs de l'industrie de la construction.